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En savoir davantage sur la  Route Romane d'Alsace

 

Sélestat. Église Sainte-Foy

Ancienne église conventuelle d’un prieuré dépendant de l’abbaye bénédictine de Conques, Sainte-Foy fut construite entre 1152 et 1190. La richesse décorative des deux étages d’arcatures, serties de cordons à billettes de la tour octogonale de la croisée du transept contraste avec l’élégante simplicité de la flèche de pierre lisse qui la surmonte. De la même façon, les parois lisses des soubassements des tours de la façade occidentale contrastent avec le réseau d’arcatures et de colonnettes d’inspiration lorraine qui décore l’entrée du porche. Ce dernier s’inspire, tout en lui répondant, du décor du chevet. La nef voûtée sur croisées d’ogives reposant sur des sifflets, se compose de trois travées doubles faisant alterner piles fortes et faibles.

Kaysersberg. Église Sainte-Croix

La nef principale et le portail datent d’une campagne de construction qui se situe entre 1230 et 1235. Cet édifice est un exemple d’art roman tardif, contemporain de l’atelier chartrain qui introduisit le style gothique dans le croisillon sud de la cathédrale de Strasbourg. Le tympan du portail représente le Couronnement de la Vierge par Jésus entouré des archanges Gabriel et Michel. Un autoportrait du sculpteur est visible dans l’angle droit du tympan (personnage tenant un livre ouvert sur lequel figure le nom « Conradus »). Ce tympan est une version archaïsante d’un modèle francilien en vogue au début du 13e siècle et qui apparaît au portail sud de la cathédrale de Strasbourg vers 1225.

Rosheim. Église Saints-Pierre-et-Paul

L’église actuelle fut édifiée en grès jaune d’extraction locale durant le second tiers du 12e siècle. Saints-Pierre-et-Paul constitue l’exemple le plus homogène de l’art roman alsacien à sa maturité. À l’extérieur, le répertoire décoratif, composé de colonnettes torses, de bandes lombardes, de corniches à damiers, de frises à palmettes et entrelacs ainsi que des sculptures en ronde-bosse, est remarquable. À l’intérieur, les travées couvertes de voûtes d’ogives sont rythmées par l’alternance de puissantes colonnes et de piliers cruciformes. Le chapiteau le plus étonnant est le second de la rangée nord, décoré d’une couronne de vingt et un visages de bienheureux, tous différents.

Strasbourg. Église protestante Saint-Pierre-le-Jeune

Du premier édifice, dédié à saint Colomban, et datant du 7e siècle, il ne reste qu’un caveau. C’est en 1031 que débuta la construction d’une église romane ; les étages inférieurs du clocher datent du 12e siècle ; trois galeries du cloître sont considérées comme le plus ancien cloître conservé au nord des Alpes. La construction de l’église actuelle, de style gothique, débuta au cours de la seconde moitié du 13e siècle. L’édifice fut consacré en 1320. Des chapelles s’ajoutèrent aux 14e et 15e siècles. En 1524, l’église devint protestante. En 1682, Louis XIV y fit restaurer une paroisse catholique à laquelle il donna le chœur ; un mur de séparation prenant appui sur le jubé séparait alors le chœur de la nef. Cette attribution aux deux cultes perdura jusqu’en 1898.

Ottmarsheim. Église Saints-Pierre-et-Paul

Le plan octogonal et l’élévation sur quatre niveaux surmontés d’une coupole octogonale de cette ancienne église abbatiale, consacrée en 1050 par le pape alsacien Léon IX, sont directement inspirés de la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle. Il s’agit d’une interprétation romane (voire ottonienne) d’un modèle carolingien. Cet exemple rare d’édifice à plan centré est un joyau de l’architecture romane primitive (11e siècle) en Alsace, ce dont témoigne également l’appareil en petits moellons calcaires de Brunstatt, qui confère à ce bâtiment une luminosité si particulière. À voir également : les belles fresques du 15e siècle sous la voûte du chœur supérieur et de la tribune.

Andlau. Église Saint-Pierre-et-Paul

Le monastère fut fondé en 880 par l’impératrice Richarde. En 1049, le Pape Léon IX la canonisa et lui consacra l’autel d’un édifice alors en construction. La crypte appartient à cette époque tandis que le chevet et les deux premiers niveaux du massif occidental datent du 12e siècle. Le porche renferme plusieurs chefs-d’œuvre de la sculpture romane en Alsace : le tympan, où Jésus remet une clef à saint Pierre et un livre à saint Paul, est entouré de représentations de scènes de la Genèse. La remarquable frise historiée de quarante-huit dalles qui s’étire le long de la façade et représente des scènes de chasse, de combat et de la vie quotidienne des chevaliers.

Guebwiller. Église Saint-Léger

Édifiée à partir de 1182 par Conrad d’Espach, abbé de Murbach, cette église paroissiale fut terminée vers 1230-1235. Elle témoigne d’une époque de transition entre les styles roman et gothique. Sa façade, qui comprend un porche et deux tours, est l’élément le plus remarquable de l’édifice. Elle est représentative du roman rhénan alsacien (on pense à Sélestat, Marmoutier, Lautenbach), mais ici le porche règne sur toute la largeur de la façade, il est même accessible latéralement comme dans bon nombre d’églises bourguignonnes. Le décor en résille du pignon témoigne d’une influence francilienne. Les fines colonnes et les ressauts de l’ébrasement du portail sont superbement décorés. Le tympan représente le Christ entouré de la Vierge couronnée et de saint Léger.

Marmoutier. Abbatiale Saint-Martin

La première abbaye de Marmoutier fut fondée à la fin du 6e siècle. En 824, l’abbé Maur, qui donnera son nom à l’abbaye « Maurimonasterium », y introduisit la règle de saint Benoît. Le 12e siècle fut marqué par une période de prospérité. De cette époque (1150-1160) date le massif occidental considéré comme le plus beau d’Alsace. Il se compose d’un narthex (première double travée) et d’une façade empreinte de robustesse et d’harmonie. L’élévation, la variété des teintes du grès, les bandes et arcatures lombardes en font un chef-d’oeuvre. Ne pas manquer le relief du monstre tricéphale, témoin d’anciennes traditions celtes. La nef et le transept sont gothiques, le choeur du 18e siècle.

Saint-Dié-des-Vosges. Église Notre-Dame de Galilée

Notre-Dame forme avec la cathédrale (elle aussi partiellement romane) un remarquable ensemble architectural. Cette église, de taille modeste car vraisemblablement réservée aux ecclésiastiques, montre une belle unité stylistique. Elle est de plan basilical sans transept. Ses trois nefs (1160-1180) se terminent en absides voutées en cul-de-four. L’intérieur est sobre, seuls deux chapiteaux situés à l’entrée du choeur sont sculptés (la cathédrale en revanche compte une quarantaine de chapiteaux sculptés d’animaux fantastiques). Le cordon de billettes qui court à travers toute l’église entre les grandes arcades et les fenêtres hautes renforce l’impression d’unité. La tour (1180-1190) est remarquable, notamment pour sa décoration d’arcatures aveugles au second niveau. Certaines montrent un appareillage de claveaux alternativement clairs et sombres d’un très bel effet décoratif.